Rencontre

Montpellier : des transports en commun gratuits pour « changer les habitudes en profondeur »

La Métropole de Montpellier a décidé d’instaurer la gratuité des transports en commun à partir du 5 septembre dernier. Objectif prioritaire assumé : l’environnement, la baisse de la pollution et une meilleure qualité de l’air. Il fallait changer les habitudes et inciter fortement la population à laisser la voiture au garage. Julie Frêche, vice-présidente chargée des mobilités, détaille pour construirelaville les trois étapes de la mise en place de cette gratuité.

Une gratuité du week-end pour l’instant, qui n’est pas plus coûteuse que l’offre de l’équipe précédente d’une heure de parking gratuit par jour et par véhicule en centre-ville, et qui dynamise en même temps les commerces du centre-ville qui ont déjà noté une hausse significative de la fréquentation de fin de semaine.

Une gratuité pour les moins de 26 ans et les plus de 65 ans dans un deuxième temps (à la rentrée 2021) assortie d’une incitation financière à l’achat d’un vélo électrique pour multiplier les alternatives à la voiture. Et une gratuité pour tous les résidents du territoire métropolitain à mi-mandat, après avoir sensibilisé les grandes entreprises de la région pour organiser des horaires décalés de leurs salariés et éviter une saturation du réseau à certaines heures.


Homo Urbanus, les villes du monde au ras du bitume…

Les cinéastes Ila Béka et Louise Lemoine se sont promenés dans 10 grandes villes du monde. Leur travail est projeté dans le cadre du Festival Image de Ville à Marseille, jusqu’au 25 octobre*. (Les dix films sont visibles en VOD sur la plateforme Viméo)

Ni fiction, ni documentaire, ces dix films d’une heure sont filmés au ras des habitants, au ras de la vie. « Nous étions très près des gens, explique Ila Béka, au milieu d’eux ». Une subjectivité totalement assumée qui transmet un ressenti au spect’acteur, lequel se trouve au coeur même de la rue, à Tokyo ou à Bogota, à Saint Pétersbourg ou à Rabat.

L’intérêt réside dans la confrontation d’un film à l’autre, dans le télescopage des ambiances, des pratiques de l’espace public. C’est la raison pour laquelle Béka et Lemoine ont décidé de mettre en place une exposition et non pas une projection : le dispositif scénique est divisé en 3 très grands écrans, qu’on peut regarder séparément ou en même temps, s’immerger dans une ville ou au contraire sauter d’une atmosphère à l’autre.

Ila Béka et Louise Lemoine nous expliquent comment ils ont travaillé (entretien réalisé par Luc Joulé pour Image de Ville).

  • Les Docks Village, entrée K, jusqu’au 25 octobre, ouvert de 10h à 19h.




« La volonté de laisser se dégrader le centre-ville de Marseille date d’il y a 50 ans »

Ancien directeur régional Provence-Alpes-Côte d’Azur de la Fondation Abbé Pierre, Fathi Bouaroua a créé un jeu de société intitulé Taudis Poly qui lui permet de mettre en lumière, thématique par thématique (campements, hôtels meublés, Hlm dégradés, copropriétés, péril et insalubrité) tous les dysfonctionnements en matière de logements dans la 2e ville de France. Une politique d’abandon du bâti, selon lui délibérée et assumée, initiée par Gaston Defferre et reconduite par Jean-Claude Gaudin, dont le but serait d’évacuer les populations pauvres du centre-ville.

La règle du jeu du Taudis Poly est tout simplement d’acheter des appartements pour les louer, comme celle de son alter ego Monopoly. Mais ici, il s’agit aussi de s’instruire. Les titres de propriété déroulent l’histoire de chaque lieu, l’achat ne peut pas être valide si on n’a pas lu auparavant les articles de presse (véridiques !) consacrés au bien convoité. Un millier de jeux a déjà été distribué par Fathi Bouaroua et une version en ligne lui permet désormais de se déplacer pour faire jouer des salles entières sur écran et de diffuser en direct son témoignage sur la politique du logement menée depuis 50 ans à Marseille.


« POUR UN URBANISME HUMANISTE »

Richard Trapitizine, urbaniste, vient de publier un ouvrage dans lequel il promeut un véritable échange « humaniste » entre les élus, les techniciens et les usagers de la ville.

« Les habitants aujourd’hui subissent une ville qu’on leur impose ». Sous des dehors très policés, l’urbaniste Richard Trapitzine n’y va pas par quatre chemins. « La concertation ? Un simulacre », selon lui. Ou au mieux, simplement, de l’information. Alors qu’il a pris conscience au cours de sa carrière, de la « formidable attente des citoyens » pour participer aux décisions d’aménagement. Il faut imaginer, dit-il, « un projet de ville avant de faire le moindre projet d’urbanisme ».

L’urbanisme humaniste, qu’il prône dans son ouvrage, serait un urbanisme qui prendrait en compte cette parole des habitants, mais aussi de tous ceux qui vivent la ville, « les usagers », tous ceux qui font la vie dans la ville.

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